Et moi, je mange quoi?L'agriculture est une activité essentielle pour répondre à un besoin vital : se nourrir.
L'homme a besoin de se nourrir pour vivre. Manger lui procure différents nutriments (lipides, glucides, protéines, micronutriments), qui se transforment en énergie nécessaire pour qu'il mène à bien ses activités. L'alimentation est directement liée à la santé de l'homme. Le rôle de l'agriculture, avec l'élevage et la pêche, est de fournir de quoi manger à la population. Dans la plupart des pays du monde, les paysans pratiquent la culture vivrière pour produire la nourriture dont ils ont besoin eux-même, et la culture fourragère pour nourrir leurs troupeaux. C'est n'est presque plus le cas aujourd'hui en Europe et ça l'est de moins en moins dans les pays du Sud.
Depuis l’après-Seconde Guerre mondiale, on pratique l’agriculture intensive dans la majorité des pays afin de renforcer la sécurité alimentaire. L'objectif est de produire beaucoup, en un minimum de temps et sur une surface limitée. Pour cela on se sert d'engrais chimique, d'insecticides, de machines agricoles ou de serres... Aujourd'hui on s'aperçoit que ces techniques ont des conséquences grave sur l'environnement : appauvrissement des sols, pollution des nappes phréatiques, hausse des émissions de CO2, etc.
De plus, en 2009, un être humain sur sept ne mange pas à sa faim, et un être humain sur deux souffre de carences alimentaires. Pourquoi?
Des contrastes entre le Nord et le Sud
Il ne s'agit pas d'un problème de quantité : on produit suffisamment de nourriture pour satisfaire les besoins des 6 milliards d’êtres humains. C’est un problème plus complexe : celui de l’accès à l’alimentation. Paradoxalement, les petits paysans représentent la moitié des personnes sous-alimentées dans le monde. Face à la concurrence des grandes puissances agricoles, ils sont contraints de vendre leurs terres et d'immigrer en ville pour trouver un emploi. Ils sont ainsi les premières victimes de la hausse des prix des produits agricoles. Tout le monde garde en mémoire les émeutes de la faim qui ont eu lieu dans plus de 60 pays en 2008. Il y a donc aussi un problème de politique alimentaire locale. Dans les pays riches, on a inventé la consommation facile : les produits transformé sont présents dans les étalages de tous nos supermarchés ; mais cela a parfois pour conséquence de mauvais comportements alimentaires. La junk food, ou l'addition cola-hamburger-glace, est en forte progression. Le nombre de personnes en situation de surpoids et d'obésité est un problème dans nos sociétés d'abondance et de sédentarité. Aujourd'hui, plus d’un milliard et demi d’êtres humains souffrent d’un excès de poids dont 400 millions sont obèses. Paradoxalement, ce sont les pauvres qui souffrent d'obésité dans les pays riches. Alors que dans les pays pauvres, ce sont les riches qui sont obèses.
Quelles solutions?
D'après l'Organisation Mondiale pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), il est possible de nourrir la planète en respectant l'environnement avec l'agriculture biologique, ou avec l'agriculture de conservation. L'agriculture biologique est basée sur le respect du vivant et des cycles naturels. Elle favorise la biodiversité et les activités biologiques des sols. Elle refuse les engrais et pesticides de synthèse, ainsi que les organismes génétiquement modifiés. Elle mise plutôt sur l'engrais vert, le compostage, la lutte biologique, l'utilisation de produits naturels, et le sarclage mécanique pour maintenir la productivité des sols et le contrôle des maladies et des parasites. L'agriculture de conservation (AC) vise à améliorer les systèmes agricoles pour les rendre plus durables et toujours rentables. Elle repose sur 3 principes fondamentaux : le travail minimal du sol, avec le minimum de recours mécanique, les associations et rotations de culture et la couverture permanente des sols. L'agriculture locale quant à elle encourage la consommation de fruits et légumes de saison. Elle permet de diminuer la consommation énergétique liée aux trajets dus à leur importation. Cela favorise les conditions de vie des producteurs locaux. L'agriculture locale permet également une meilleure traçabilité des produits. Nous pouvons plus facilement évaluer si la méthode de production est respectueuse de l'environnement et de notre santé. Se nourrir n'est pas un acte anodin. Vos choix ont des conséquences environnementales et sanitaires. Et si votre fourchette faisait la différence ?
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